Couleur des tubes de prélèvement sanguin : à quoi correspondent-elles ?

La couleur d’un tube de prélèvement sanguin indique surtout l’additif qu’il contient et le type d’échantillon à obtenir : sang total, plasma ou sérum. Elle aide donc le professionnel à choisir le récipient adapté à l’analyse demandée. Un bouchon violet sert souvent à l’hématologie, un bleu à la coagulation et un gris au dosage du glucose. Attention toutefois : les codes peuvent varier selon le fabricant et le laboratoire. L’étiquette du tube et le protocole local restent toujours prioritaires.

Pourquoi les tubes de prise de sang ont-ils des couleurs différentes ?

Une prise de sang ne consiste pas simplement à recueillir du sang dans un contenant neutre. Selon l’examen, le laboratoire a besoin d’un échantillon qui coagule, qui reste fluide ou dont certains constituants sont stabilisés.

Les tubes peuvent donc contenir un anticoagulant, un activateur de coagulation, un gel séparateur ou une substance limitant la consommation du glucose par les cellules. Le bouchon coloré permet au personnel formé d’identifier rapidement cette préparation.

Voilà aussi pourquoi plusieurs tubes peuvent être nécessaires au cours d’un même prélèvement. Chacun répond à un besoin analytique distinct. Leur nombre ne traduit ni la gravité d’une maladie ni la quantité de résultats « anormaux » attendue.

À quoi correspondent les principales couleurs de tubes ?

Le tableau suivant présente les usages les plus courants. Il donne des repères, pas une règle universelle : un laboratoire peut utiliser une nuance, un format ou un dispositif différent.

Couleur courante Additif ou préparation Échantillon obtenu Analyses fréquentes
Bleu clair Citrate de sodium Plasma citraté Coagulation : TP/INR, TCA, fibrinogène, D-dimères
Rouge Sans anticoagulant, parfois avec activateur de coagulation Sérum Biochimie, sérologie ou examens spécifiques selon le laboratoire
Jaune ou doré Activateur de coagulation et souvent gel séparateur Sérum Biochimie, immunologie, sérologie, hormones
Vert Héparine, souvent héparinate de lithium Plasma hépariné Nombreux dosages de biochimie, parfois en contexte urgent
Violet ou mauve EDTA Sang total ou plasma EDTA Hématologie, notamment NFS et plaquettes
Gris Inhibiteur de glycolyse, souvent fluorure associé à un anticoagulant Plasma Glucose et parfois lactate, selon la méthode
Rose EDTA, selon les systèmes Sang total Immuno-hématologie et banque du sang
Noir Citrate, dans certains dispositifs Sang total citraté Vitesse de sédimentation

Tube bleu : les examens de coagulation

Le tube bleu clair contient généralement du citrate de sodium. Cet anticoagulant fixe temporairement une partie du calcium, indispensable à la coagulation. Il est notamment utilisé pour le TP, l’INR, le TCA, le fibrinogène ou les D-dimères.

Ce tube doit être rempli au niveau prévu afin de respecter le rapport entre le sang et l’anticoagulant. Un remplissage insuffisant peut fausser certains résultats. Ce contrôle appartient au professionnel qui réalise le prélèvement et au laboratoire.

Tube violet : l’hématologie et la NFS

Le bouchon violet signale le plus souvent la présence d’EDTA. Cet anticoagulant préserve bien les cellules sanguines, ce qui le rend adapté à la numération-formule sanguine. La NFS mesure notamment les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

L’EDTA convient à ces comptages cellulaires, mais pas à toutes les analyses. Il peut modifier la disponibilité de certains éléments, dont le calcium, et ne doit pas contaminer un autre tube.

Tubes rouge et jaune : obtenir du sérum

Les tubes rouges ou jaunes sont couramment destinés aux analyses réalisées sur sérum. Le sang y coagule avant centrifugation. Le tube jaune ou doré contient souvent un gel qui forme une barrière entre le caillot et le sérum après centrifugation.

Ces tubes servent à de nombreux dosages : enzymes, lipides, hormones, anticorps ou marqueurs biochimiques. La liste exacte dépend néanmoins des automates et des méthodes du laboratoire.

Tube vert : des analyses sur plasma hépariné

Le tube vert contient en général de l’héparine. Le sang ne coagule pas, ce qui permet de récupérer rapidement du plasma après centrifugation. Il est utilisé pour plusieurs analyses de biochimie. Il ne faut pas en déduire qu’un tube vert convient à toute demande urgente ou à tous les ions : le type d’héparine et la méthode analytique comptent.

Tube gris : stabiliser le glucose

Après le prélèvement, les cellules sanguines continuent à consommer du glucose. Le tube gris contient habituellement une substance qui freine cette glycolyse, associée à un anticoagulant. Il peut être demandé pour une glycémie ou, selon le protocole, pour le lactate.

Pourquoi l’ordre des tubes compte-t-il ?

Lorsqu’il faut remplir plusieurs tubes, le professionnel suit un ordre défini. L’objectif est de limiter le passage d’un additif dans le tube suivant. Une contamination minime peut suffire à perturber un dosage : l’EDTA peut, par exemple, modifier artificiellement certains résultats liés au potassium ou au calcium.

Les recommandations placent généralement les flacons d’hémoculture avant le tube citraté bleu, puis les tubes destinés au sérum, les tubes héparinés, les tubes EDTA et enfin les tubes avec inhibiteur de glycolyse. Des situations particulières ou le matériel utilisé peuvent conduire le laboratoire à adapter cet ordre.

Cette séquence relève d’une pratique professionnelle. Elle ne constitue pas un tutoriel pour effectuer soi-même un prélèvement sanguin.

Une couleur ne suffit pas pour identifier un tube

Le réflexe le plus sûr consiste à regarder l’étiquette complète : nom de l’additif, volume nominal, date de péremption et recommandations du fabricant. Deux bouchons proches visuellement peuvent correspondre à des usages différents. À l’inverse, un même additif peut être présenté sous des couleurs légèrement différentes selon la gamme.

Le tube doit aussi être correctement identifié, rempli, homogénéisé et transporté dans les conditions prévues. Une erreur à cette étape dite préanalytique peut rendre l’échantillon inexploitable. C’est notamment le cas lorsqu’un prélèvement est hémolysé et qu’un nouveau tube devient nécessaire.

Ce que vous pouvez retenir avant votre prise de sang

Vous n’avez pas à choisir vos tubes : le laboratoire les détermine à partir de l’ordonnance, de ses méthodes et de ses procédures. De votre côté, vérifiez surtout les consignes de préparation. Certains examens demandent une heure précise, du repos ou un jeûne avant la prise de sang, tandis que d’autres n’exigent pas de rester à jeun.

Une fois les résultats disponibles, ne cherchez pas à relier la couleur du bouchon à un diagnostic. Elle décrit la préparation de l’échantillon, pas votre état de santé. Pour comprendre les valeurs mesurées, vous pouvez consulter notre méthode pour comprendre comment le sang est analysé au laboratoire, puis en discuter avec votre médecin, votre pharmacien ou le biologiste médical. Toute décision concernant un traitement ou un contrôle doit rester prise avec un professionnel de santé.